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Mark Karpéles

En mars, 2019 Marc Karpéles sort du tribunal de Tokyo libre. Il écope d’une peine de deux ans et demi de sursis pour falsification de documents électroniques, une peine très en-deçà des dix ans de prison ferme requis par le procureur. 5 ans, plus tôt sa société avait perdu 650 000 bitcoins à la suite d’un hacking provoquant l’éclatement mondial de la bulle spéculative des crypto monnaies.

La libération trouble de Marc Karpéles ne permet pas de savoir si la société dont il était le gérant fut victime d’un piratage ou bien si elle fut elle-même à l’origine des pratiques frauduleuses.

La vie de Marc Karpéles que je vous aie résumé pourrait remplir un roman, elle est malicieuse, ironique parfois, à coup sûr désenchanté.

Éclosion d’un otaku Dijonnais


Mark voit le jour en 1985. Il passe son enfance près de Dijon, à la campagne entre le poulailler et le garage. Sa mère géologue de formation bidouille des premiers ordinateurs disponible en France. C’est une pionnière dans ce domaine et à travers la brume et à l’indifférence de ses voisins bourguignons. Le petit MK se pique très tôt pour les langages informatiques et pour la culture japonaise.

C’est ainsi qu’il devient un  Otaku  Dijonais. Il vit sa passion seul. Passe ses journées et ses nuits enfermé dans sa chambre à lire des mangas et à regarder des animes. Dans la vraie vie, il se rend compte qu’il a du mal à développer des relations sociales. Son introversion le rapproche du mode de vie Nolife.

Plus tard, il déménage à Paris où il étudie au lycée Claude Bernard (comme moi sic…) Probablement surdoué, le milieu scolaire ne lui permet pas de développer son potentiel. Il fait le choix de rentrer dans la vie active et devient développeur dans une grosse boîte informatique. Ses capacités de production impressionnent ses managers, Il travaille de façon compulsive, ne prend jamais de vacances et ne sors pratiquement jamais de son bureau. Nous verrons par la suite que cette manière de travailler en silo le perdra. Le jeune homme commet ses premiers méfaits. Il détourne des données de l’entreprise et est condamné en 2010 à un an de prison avec sursis et 45.000 euros d’amende. Karpèles n’entendra jamais la sanction; car il quitte précipitamment la France pour s’installer à Tokyo et vivre son rêve.

Au début, sa vie japonaise se passe très bien. Mark Karpelès montre l’image d’un post-adolescent, vêtu à la cool souvent avec des T-shirt potaches. Il créé son entreprise de développement de site internet : Tibanne du nom de son chat. Il se marie, fait un enfant et il pense que ses problèmes sont derrière lui. Jusqu’à ce qu’un client lui demande, s’il peut payer son site en Bitcoin. C’est La révélation qu’il attendait. Il se plonge immédiatement dans la compréhension de la monnaie virtuelle et saisit le potentiel de cette technologie. Quelques semaines plus tard, il rachète pour une bouchée de pain la plateforme d’échange de bitcoins MtGox au développeur américain Jed McCaleb, également créateur d’eDonkey, logiciel de partage de fichiers très populaire au début des années 2000.

Le baron à l’abordage de la planète crypto

En 2011, il fait la rencontre de Jed McCaleb sur un chat qui lui propose de lui vendre sa société de bourse d’échange de jeux de cartes MTGox Mc a une intuition. le coup de genie de MC est de transformer cette plateforme de carte en market place. Avec ce vaisseau, il prend à l’abordage le marché de la crypto monnaie et fait de MT Gox un géant des transaction de bitcoins. Mark Karpéles affirme contrôler 70% des échanges mondiaux. Il est à L’apogée de sa gloire. Les experts le nomme le baron du bitcoin. En juin de cette même année, la cryptomonnaie dépasse le seuil des 1.000 dollars et l’entreprise brasse entre 5 et 8 millions de dollars par jour. Karpelès, alors surnommé le “Baron du bitcoin”, vit son heure de gloire. Il se voit grand.

Il installe sa famille dans le quartier huppé de Meguro, dans les derniers étages d’un gratte-ciel. Après le travail, il passe son temps à jouer aux jeux électroniques, en compagnie de son chat Tibanne, en se prélassant dans un lit grand comme une piscine. Des photos de cette scène tirés des réseaux sociaux auront été utilisé lors de son procès à Tokyo pour tenter de le faire condamner. Le procureur a estimé que son logement avait un loyer de 10.300 dollars par mois et que son luxueux lit avait été acheté par sa société 48.000 dollars. Il a le train de vie d’un grand patron avec l’apparence d’un ado au look de geek, tee shirt basket.

My love for japan has not changed.

Mark Karpéles

La chute de l’empire

Les choses ne pouvaient pas durer comme cela éternellement. Et la nouvelle apparue brutalement comme un coup de tonnerre. En février 2014, les clients, les employés, la presse tout ce petit monde fut brutalement réveillé par une nouvelle difficilement compréhensible. Mt Gox avait perdu 850 000 Btc ! La plateforme suspend toutes ses transactions et se déclare en insolvabilité. 750 000 Btc de clients ont disparu ainsi que les 100 000 Btc détenus par MT Gox . A l’époque l’ensemble des avoirs était valorisé à 400 millions de dollars.

Le vol aurait été effectué sur plusieurs années par petit montant et sur un rythme régulier. Le hacker aurait pu accéder à l’infrastructure hardware de l’entreprise, en utilisant des techniques de social engineering et en bénéficiant peut être de complicité interne. Le cold wallet (coffre-fort non connecté) n’était pas suffisamment surveillé. Le Hacker s’est inspiré du modèle de “Malleability Attack”. La malléabilité est une propriété de certains algorithmes cryptographiques. Le voleur aurait pu modifier le chiffrement ayant pour but de masquer les informations financières et changer le montant des transactions et du destinataire des fonds. Le hacker a pu ainsi siphonner le hot wallet en modifiant la valeur des bitcoins afin de les sortir en les rachetant à un prix dérisoire avant qu’il ne soit déversé dans le cold wallet (voir Schéma).


La spirale infernale

En août 2015, Marc Karpéles est arrêté par la police japonaise qui le soupçonne d’avoir falsifié les données des comptes de sa société. Il plaide non-coupable. Après dix mois de détention, il est acquitté de ses accusations de détournement de fonds et sort de prison. Pour la justice Japonaise Marc Karpéles est innocent des faits qu’on lui a reprochés. On lui reproche seulement d’avoir commis des négligences. Cependant ses ennuis judiciaires, ne sont pas terminés, car une class action américaine a été mené contre lui par ses anciens clients. Le rêve du jeune Otaku Dijonnais est stoppé net. Il évite la prison japonaise de justesse. Il a physiquement changé, a perdu du poids et porte la cravate comme un salary man.

Le retour du phoenix

De nombreuses théories circulent sur cette affaire. Certains pensent que Mark Karpelès a en réalité dérobé les bitcoins. Pour d’autres, Mark Karpelès est un «bouc-émissaire». Plusieurs banques et États ont en effet estimé que le Bitcoin était une menace pour l’économie en place.

Aujourd’hui Marc Karpéles travail dans une entreprise informatique. Il ne cache pas son envie de se relancer dans les affaires. En est-il capable. Est ce que sa nouvelle notoriété va l’aider ou bien au contraire lui nuire. Quelles surprises l’attendent… Toc toc toc… c’est le destin.

Merci de m’avoir lu. Connaissiez-vous cette histoire ? Avez-vous des informations intéressantes qui pourraient compléter ce texte ? N’hésitez pas à les partager dans les commentaires.

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Pour continuer sur ce sujet


J’ai vendu mon âme en bitcoins. En 2014, Jake Adelstein découvre les monnaies virtuelles en même temps que l’effondrement de Mt. Gox, la plus grande plateforme d’échange de bitcoins au monde, basée à Tokyo. Celle-ci annonce la disparition de 850 000 bitcoins, l’équivalent de 500 millions de dollars. Contre toute attente, c’est son créateur et dirigeant qui est le principal suspect de la police japonaise : Mark Karpelès, un jeune Français qui n’a pas encore 30 ans. Mark devient alors le centre de la plus grande affaire criminelle de l’ère numérique. Tout le monde veut sa peau : la police japonaise, le FBI et les milliers de particuliers qui ont perdu leurs économies. Au cours de son enquête, Jake Adelstein rencontre les pionniers du Bitcoin : idéalistes, geeks, libertariens, profiteurs ou spéculateurs, et tente de répondre à ces deux questions : qui a fait le coup ? Et où sont passés les bitcoins ?


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